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N°4

L'organisation du GIS et son avenir

par

Gérard LE BOUËDEC

 

Professeur d’histoire moderne, CERHIO CNRS UMR 6258 - Université de Bretagne sud

Responsable du gis d’histoire maritime

       

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Cher (e)  collègue,

 

Nous avons construit ce groupement Scientifique depuis septembre 2005, et les premiers résultats sont plus qu’encourageants, comme le montre cette courte présentation :

 

La création d’un Groupement d’Intérêt Scientifique en 2005 :

 

Il fallait faire preuve de lucidité sur l’état de la recherche sans  la sous-évaluer et être capable de se donner les moyens  de trouver une meilleure audience au niveau international. C’est une démarche collective, ouverte, sans exclusive pour fédérer et promouvoir la recherche française. Le groupement d’intérêt Scientifique nous paraissait la structure la plus adaptée pour constituer un réseau de recherche en France sur le champ maritime et littoral.

 

Le Groupement d’intérêt scientifique d’histoire maritime  fédère une très large partie des chercheurs français.  Cette démarche fédératrice a rencontré un écho très favorable auprès actuellement  de   23 établissements  regroupant environ 70 chercheurs (doctorants non compris):

 

- 17 équipes  d’Universités, (Littoral, Le Havre, Caen, UBO, UBS, Nantes, Angers, La Rochelle, Bordeaux 3, Nice, Paris IV, Paris VII, Institut catholique de Paris, Tours, Rennes 1 (l’UMR archéosciences), Marseille, Montpellier.

- L’UMS histoire et archéologie maritimes de Paris IV, l’UMR/MNHM 5196 d’Ethnologie,

- Le Latts de l’école des Ponts et chaussée, le centre François VIETE d’épistémologie d’Histoire des Sciences et des techniques (groupe « Histoire et technique des ports » de Nantes,

- Le Service historique de la Défense, département Marine, le Musée de la Marine.

 

 Fallait-il encore que l’on soit d’accord sur la plate-forme scientifique :

 

Nous avons affirmé:

 

que nous souhaitions travailler sur  une chronologie la plus large possible de la préhistoire à nos jours. Or L’histoire maritime est un concept initié par les médiévistes (dont les travaux portent sur la fin du Moyen Age) et par les Modernistes. Du moins ceux qui revendiquent une appartenance au champ maritime relèvent majoritairement de ces deux corporations et encore davantage de celle des modernistes. Les historiens de la période contemporaine ne se réfèrent pas fréquemment à ce champ maritime, ce qui ne signifie pas  qu’ils s’en sont désintéressés, bien au contraire. Mais leurs très nombreux travaux s’inscrivent dans le cadre de recherches thématiques particulièrement fécondes : l’histoire des entreprises et du capitalisme en général, celles des entreprises du BTP et des secteurs industriels particulièrement bien représentées dans les ports : construction navale, agro-alimentaire, chimie ; celles des acteurs (patrons, banquiers, ingénieurs, dockers et ouvriers) ; celle du mouvement syndical et du travail, celle des techniques, de l’histoire coloniale,  de l’histoire du tourisme. Nous devions également essayer d’établir des liens durables avec les archéologues.

 

que nous devions travailler  à toutes  les échelles. En effet, L’histoire maritime a ciblé le grand, le vaste, le loin, c'est-à-dire les grands ports, les grandes traversées, l’outre-mer, l’élite négociante, les officiers. Elle a négligé les petits ports qui s’intercalent entre les grands pôles portuaires. D’ailleurs l’historiographie nous livre une histoire segmentée des façades océaniques, il reste à construire les flux intermédiaires. Elle a délaissé les chantiers navals modestes, le cabotage, les petites pêches, les populations du littoral. Ce sont aujourd’hui des champs de recherche qui sont en plein développement notamment en ce qui concerne, le cabotage, les petites pêches, les populations littorales.

 

que  le rapport à l’international devait être au cœur de notre projet. La critique récurrente d’une recherche française trop franco-française est trop courante pour que j’y insiste et le projet est d’emblée guidé par cette préoccupation, mais c’est l’occasion de souligner combien la formation de nos doctorants doit prendre en compte cette dimension. Ce sera sans doute, comme je l’ai entendu de la bouche du président du conseil scientifique de la « Maison des Sciences de l’Homme en Bretagne », une faute professionnelle que de ne pas pratiquer une langue étrangère permettant l’insertion dans le paysage désormais mondialisé de la recherche.

 

qu’il fallait reformuler la définition de notre champ de recherche puisque certains de nos collègues ont posé la question de la pertinence du concept d’histoire maritime. Ce sont les usages de la mer et les rapports pluriels de l’homme au littoral qui constituent le socle conceptuel de l’histoire maritime. A quelles échelles ?

 

- celle des espaces littoraux, car ce sont des espaces d’interface où les sociétés sont en contact direct avec les mers et où se développent les différents usages de la mer.

- celle des pays ou des continents, car l’appel de la mer s’exerce sur le politique, l’économie, la société, les pratiques culturelles.

- ainsi on peut poser en troisième niveau celui plus global de la place de la mer dans le développement et le rayonnement d’un pays.

 

L’Organisation du Groupement d’Intérêt Scientifique

 

Une Convention type qui doit être validée par les conseils scientifiques des établissements et institutions adhérentes et qui fixe une cotisation (pour le moment 200 euros).

Un site internet : www.histoire-maritime.org, hébergé par l’Université de Bretagne Sud, et piloté par l’équipe lorientaise.

 

Un adossement à La Revue d’Histoire Maritime des PUPS selon la formule adoptée lors de la session de Bordeaux de mars 2008  « élaborée en collaboration étroite avec les activités du GIS », le comité éditorial a intégré des membre du GIS.

 

Une géographie et une chronologie des sessions qui traduisent le dynamisme du réseau :

 

- Lorient (réunion constitutive du GIS en septembre 2005, Colloque international « La recherche internationale en Histoire maritime : essai d’évaluation » en novembre 2007.

 

- Nantes (mars 2006), présentation du site internet dans sa conception,  choix du colloque pour dresser un état des lieux et des perspectives de la recherche et ébauche de la plateforme scientifique du colloque international de novembre 2007, journée des doctorants du GIS.

 

- La Rochelle en septembre 2006 : élaboration de la plateforme scientifique du colloque et choix de la forme : des porteurs de synthèse chargés de collecter en amont des contributions et des contributions étrangères de synthèse sur l’historiographie de leur pays ou de l’aire culturelle à laquelle ils appartiennent.

 

- Musée de la Marine à Paris en février 2007 sur les modalités d’organisation du colloque et sur les perspectives d’après colloque.

 

- Bordeaux en mars 2008 : Bilan du colloque, journées des doctorants,  présentation de l’ANR Navigocorpus dirigé par Silvia Marzagalli et Pierrick Pourchasse, le réseau du GIS étant un partenaire incontournable pour sa réalisation. La stratégie internationale et les relations avec l’IMEHA et les réseaux de recherche méditerranéens.

 

- Poitiers,  septembre 2008 : Synthèse sur les chantiers de recherche du colloque de Londres en juin 2008 de l’IMEHA, auquel se rend une importance communauté de chercheurs membres du GIS et d’Athènes où se rend quant à lui Gilbert Buti. Séminaire avec les historiens et les chercheurs des autres disciplines qui travaillent sur les questions littorales et maritimes, demi-journée des doctorants, un séminaire sur les petits ports qui fait suite à un premier séminaire tenu à Lorient en février 2008 et qui apparaît très lié au programme Navigocorpus.

 

- Service Historique de la Défense à Vincennes à Paris en mars 2009-Une présentation des archives, du programme de numérisation avec une discussion sur les attentes des universitaires.

 

- Présentation sur la réorganisation de la recherche au niveau de la défense avec une priorité donnée à la transversalité au détriment des différents secteurs comme le maritime.

 

- Séminaire sur la recherche en Histoire navale contemporaine.

 

 

Une stratégie : Fédérer nationalement et s’affirmer internationalement

 

Phase 1: Réussir à fédérer le maximum de chercheurs autour d’un projet : l’objectif est déjà largement atteint, mais il est évident qu’il faut renforcer les liens avec les antiquistes et les archéologues, mais l’organisation à Lorient en 2009 d’un colloque faisant un état des lieux des la recherche sous-marine mondiale avec Michel Lhour et  la Drasm devrait faire avancer les choses ; de la même manière nous avons encore du travail à faire en histoire contemporaine car certains chercheurs s’inscrivent dans une histoire thématique éclatée.

 

Phase 2 : Réussir l’évaluation de la recherche française et dans une perspective comparative et établir des liens avec l’IMEHA en la personne de sa présidente Gélina Harlaftis. Le succès du colloque de novembre 2007 à Lorient d’une part,   la publication de la bibliographie et des synthèses dans un double numéro spécial de la Revue d’Histoire maritime en novembre 2008  qui permettra de disposer d’un ouvrage de référence,  et un article en anglais dans les Research de l’international Journal of Maritime History  constituent des étapes essentielles pour informer l’ensemble de la communauté internationale. Une plaquette  en anglais présentant le GIS va figurer dans les mallettes des intervenants au colloque de Londres de l’IMEHA en juin 2008. Sarah PALMER m’a demandé 350 plaquettes.

 

Phase 3 : Nous l’abordons dès maintenant avec trois priorités :

 

- Constituer un véritable laboratoire de réflexion sur l’évolution de la recherche dans une dimension plus conceptuelle et ouverte : - Va-t-on assister à une revitalisation des études quantitatives ? Interrogation de G. SAUPIN,  du moins la mise en œuvre de programmes de bases de données sur les navires et sur les acteurs en Grèce, avec Gélina HARLAFATIS, et dans le programme ANR que pilotent Silvia MARZAGALLI et Pierrick POURCHASSE, leurs connexions ont suscité de nombreux échanges entre les participants. Comment alors envisager les programmes de recherche avec quelle place pour les doctorants et les étudiants de Master ? Sur un point, un accord se dégage : il faut dissocier l’histoire quantitative de la mise en œuvre de programme de bases de données.- A travers l’histoire de l’entreprise, n’observe-t-on pas une nouvelle dynamique de l’Histoire globale au sens de la World History. De nombreux colloques se déroulent aujourd’hui, mais ils sont largement pilotés par les économistes ou les Historiens de l’économie ce qui suscite une certaine prudence.- Quelle attitude adopter devant l’orientation qui s’affirme, de l’Atlantic History et de l’histoire des systèmes océaniques ? L’Atlantic History est invoquée dans le programme du colloque du CTHS qui se déroule à Québec en juin 2008. C’est déjà un concept déjà ancien mais sur lequel des collègues émettent des réserves. Les Historiens sont trop absents du champ de recherche sur le patrimoine notamment en France. Au Portugal cette entrée patrimoniale a permis le développement d’un programme Interreg. stimulant sur les paysages salicoles.  - Avec les thèmes de « La business History », du marché international de la main d’œuvre maritime, de l’histoire de l’environnement, de l’étude des crises de la ressource halieutique, Comment envisager la pluridisciplinarité ? Certes nous travaillons avec les géographes, les ethnologues, les juristes, mais il s’agit d’envisager des programmes plus larges et Taudar POULSEN a démontré que sur l’état de la ressource halieutique en mer du nord, la contribution scientifique des historiens aux études des biologistes était loin d’être incongrue. L’Historien  peut-il rester  à côté de ses nouveaux enjeux dans un paysage de la recherche qui a pris l’habitude des appels d’offre ? Ainsi les projets blancs de l’ANR, dont le niveau d’exigence est de plus en plus élevé ne se conçoivent que dans le cadre de l’interdisciplinarité. Or s’il est un champ de recherche qui polarise l’attention des chercheurs de nombreuses disciplines, c’est bien le notre. Il faut donc s’y intéressé et la session de Poitiers permettra d’avancer sur cette orientation.

 

- Favoriser la mobilité internationale en étant davantage présent sur les colloques internationaux pour mieux identifier les grands chantiers de la recherche car il est évident qu’il y a des lignes de fractures et des spécificités. La présence nettement plus nombreuse au colloque de Londres par rapport à celui de Corfou témoigne d’un nouveau dynamisme, d’autant que chacun y va pour faire sa communication et pour observer les grandes tendances de la recherche. Les liens tissés avec la présidence de l’IMEHA avec la mise en place de relations au moins d’informations  réciproques entre l’International Journal of Maritime History et la Revue d’Histoire maritime ouvrent des perspectives que nous allons développer.

Lors de la prochaine session de Poitiers, nous devrions voir émerger les contours des nouveaux chantiers de la recherche en Histoire maritime.

 

- Former les doctorants, favoriser leur rencontre, et leur mobilité internationale. Si le GIS peut être le cadre approprié pour orienter la recherche sur de nouveaux sujets, il peut aussi jouer son rôle dans la réflexion sur la thèse  que ce soit sur sa délimitation, éventuellement sa durée,  ou son évaluation pour harmoniser les pratiques, en tenant compte de la mise en œuvre de programmes de coopération internationale. Cette internationalisation de la recherche doit être intégrée dans la formation des jeunes chercheurs, avec une plus grande mobilité internationale et une utilisation plus grande des sources étrangères pour traiter des sujets pourtant à priori franco-français ? L’idée de proposer des sujets bien circonscrits et qui permettent un travail en profondeur, émerge. L’échange est plus nourri sur la formation des doctorants, la nécessité de sortir de l’isolement. Or le réseau du GIS paraît une chance pour favoriser la mobilité  nationale des doctorants qui peuvent séjourner dans les centres de recherche adhérents au GIS en utilisant les différentes formules de financement existantes (voir le guide de la mobilité publié par « le Réseau des Universités Ouest Atlantique »), mais le réseau des partenariats étrangers  peut être mobilisé de la même manière en sollicitant des bourses de mobilité internationales de 1 à 3 mois comme celles qu’offre l’école doctorale internationale du PRES « Université Européenne de Bretagne ».

 

L’avenir du GIS : la perspective d’un GDR puis d’un GDR E

 

Le financement du GIS repose exclusivement sur les cotisations, ce qui réduit sa capacité financière, même si la référence à un GIS permet, lors de  demandes de financements, d’obtenir plus facilement des subventions. Le développement du GIS suppose des moyens de fonctionnement réguliers pour l’organisation de ses activités et le financement ou le co-financement des publications, notamment dans la Revue d’Histoire maritime.

Lors d’une rencontre avec Denis PESCHANSKI, directeur de la section 33 du CNRS, je lui ai posé la question de la labellisation CNRS et d’un soutien financier du GIS, après lui avoir présenté le GIS et ses activités. Il m’a répondu que le CNRS ne souhaitait pas s’engager sur un GIS, en revanche, notre GIS avait atteint une dimension qualitative et quantitative suffisante pour devenir un GDR (qui peut accueillir toutes les institutions actuellement membres du GIS) avec un financement de l’ordre de 15 000 euros par an. Un GDR est reconnu pour deux ou quatre ans renouvelables avec évaluation. Surtout, il peut très rapidement devenir un GDR E, c'est-à-dire européen, intégrant nos partenaires européens, ce qui lui donnerait une lisibilité internationale plus forte.

Ainsi, la formule du GDR présenterait plusieurs atouts : une labellisation CNRS y compris au niveau international, un financement régulier. Bien évidemment, avant d’engager quelle que démarche que ce soit, il faut votre adhésion. Je précise qu’il m’a affirmé que ce choix éventuel n’aurait pas de conséquence collatérale sur l’existence et le financement notamment de l’UMS « Histoire et archéologie maritimes » de Paris IV-Sorbonne.

 

Ce courrier a pour objectif de recueillir votre avis pour que cette question soit à l’ordre du jour de la session de Poitiers en septembre.

 

La page du colloque du GIS d'Histoire Maritime

                                                        

 

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