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Contribution(s)

 

 Le concept de "Littérature dégénérée" de Max Nordau au National-Socialisme

 

Paul-André Claudel

paul-andre.claudel@hotmail.fr

 

Résumé de la communication présentée à la table ronde du 11 juin 2009

 

Lire le résumé

 

 


 

 La littérature roumaine face à la censure

 

Adelina Farias

adelina_farias@yahoo.fr

 

Résumé de la communication présentée à la table ronde du jeudi 11 juin 2009

 

 

Cette communication part d’une brève présentation des mécanismes de « formation de l’homme nouveau » mis en place dans la Roumanie communiste (1947-1989), entre lesquels la sélection des œuvres littéraires proposées à la jeunesse occupait une place de premier ordre. Plus largement, la mainmise sur les circuits de publication et de diffusion des productions intellectuelles participait au double objectif d’assurer une stabilité du régime et d’éviter la formation de l’esprit critique.

 

Plusieurs étapes des rapports entre le pouvoir et les intellectuels sont passées en revue. Il s’agit de souligner la cohérence d’un projet constant et organique de soumission des consciences aux moments les plus tendus et les plus répressifs comme dans les périodes de relative libéralisation.

 

La communication finit par aborder le véritable dilemme de l’intellectuel en ces années noires, obligé de choisir entre les compromissions qui lui permettent d’exister en tant que créateur, et l’attitude de protestation, synonyme de mort littéraire, voire de mort physique. Différents auteurs roumains ayant choisi l’une ou l’autre voie sont mentionnés, insistant à chaque fois sur l’inévitable perte culturelle qui se produit dans tous les cas.

 


 

Ecrire à l’époque de Staline : le pari de Boulgakov

 

Natalia Leclerc

natalialeclerc@gmail.com

 

Résumé de la communication présentée à la table ronde du 11 juin 2009

 

 

Boulgakov connut un destin original : mort en 1940, il subit de plein fouet un régime soviétique auquel il s’opposait, et la montée d’un stalinisme avec lequel il entretenait des rapports atypiques. Reconnu comme opposant au régime, surveillé dès 1925, interdit de publication pour la majeure partie de ses œuvres, il ne fut néanmoins jamais arrêté ni emprisonné. Staline l’empêcha de quitter le territoire, malgré les lettres insistantes de l’écrivain, et lui donna même – ou lui imposa – un emploi d’assistant metteur en scène au Théâtre d’art de Moscou. Boulgakov était condamné à rester en Union soviétique, sans avoir la liberté de publier ses écrits.

Ce travail s’intéresse à son roman le plus célèbre, Le Maître et Marguerite, jamais publié de son vivant, et même inconnu du public jusqu’en 1966, où il fut publié dans une version expurgée, avant de paraître en version intégrale en 1973. Il y est question des conditions d’écriture, et en particulier de l’histoire de la rédaction et de la censure du roman, ainsi que de l’étude des procédés par lesquels Boulgakov proposait néanmoins une vision du régime qui l’opprimait. En effet, le narrateur tient une place singulière dans ce roman protéiforme, qui met en jeu l’écriture de l’Histoire, la réécriture des Evangiles, ou encore le mythe faustien. L’étude de passages précis, dans la partie antique comme dans la partie moderne du roman, permet d’en examiner la portée satirique, procédé esthétique principal.

 


 

Le projet esthético-politique dans les juvenilia d’Edmund Burke

 

Norbert Col, PR Anglais

Université de Bretagne-Sud

 

norbert.col@univ-ubs.fr

 

 

             Faire entrer A Vindication of Natural Society (1757, 1759) et Sublime and Beautiful (1757, 1759) impose tout d’abord de prendre en compte les deux genres différents dont relèvent ces deux écrits de jeunesse de Burke. Le premier est un pastiche politique, l’autre une enquête sur ce que l’on aurait appelé alors la « métaphysique du beau ». Il se trouve cependant que les contemporains ont noté qu’ils relevaient de la même visée littéraire, en opposition aux écrits ultérieurs de Burke marqués par l’engagement au service d’un parti politique. Cette visée littéraire commune — dans un sens très large — comprend une anthropologie qui évoque certains aspects de Hobbes tout en montrant les limites des pensées contractualistes. Burke jumelle donc des perspectives mécanistes et providentialistes et, surtout, met à nu le voyeurisme sadique qui préside aux mouvements de la sympathie. En d’autres termes, son projet esthético-politique relève d’un universalisme qui touche à des valeurs littéraires. Mais il faut, pour cela, sonder la part d’ombre qui gît au cœur de l’homme et qui se manifeste dans le caractère inévitablement protégé de la religion et de la politique tout autant que dans les rapports entre les hommes et les femmes. On pourrait souhaiter que Burke ait davantage théorisé l’ironie dans ses juvenilia. L’aurait-il fait, cependant, il se serait privé d’une ressource qui leur donne une grande partie de leur sel.