Participants & résumés des communications


 

Le Colloque

 

Le Programme

 

Les Participants

 

Revue de Presse

 

Ressources en ligne

 

Actes en ligne

 

Les Partenaires

 

Autour du Colloque

 

Contact

 

Contact

 

Télécharger le programme

 (640 Ko)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Liste des participants & résumés  des communications

(par ordre alphabétique)

A / B / C / D / E / F / G / H / I / J / K / L / M / N / O / P / Q / R / S / T / U / V / W / X / Y / Z

 

A

 

Françoise Aubaile-Sallenave, Ethnologue du monde arabo-musulman, CNRS-Museum

 

"La nature, l’agriculture et les fleurs"

 

B

 

Augustin Barbara, Professeur de Sociologie, Université de Nantes

 

"Germaine Tillion et Albert Camus : ensemble sauver des vies"

 

Germaine Tillion et Albert Camus étaient très souvent en contact (notamment par téléphone) pendant la Guerre d’Algérie. Ils se concertaient pour des interventions auprès de responsables politiques pour « sauver les vies » des prisonniers algériens et contre les exécutions capitales. A la question : Quelle est votre philosophie de la vie ? « » , sa réponse était directe : « Je n’en ai qu’une seule : sauver des vies quelles qu’elles soient, sans distinction. Pendant la guerre d’Algérie, des vies d’Algériens et des vies de Français contre le terrorisme ». Elle rejoignait l’action d’Albert Camus quand il organisa le 22 janvier 1956 à Alger « l’appel en faveur d’une trêve civile ». Germaine Tillion rencontre clandestinement Yacef Saadi dans sa cache dans la kasbah d’Alger et obtient la cessation, pendant plusieurs semaines, des attentats contre des civils innocents. Et on sait aussi qu’Albert Camus , dans un « silence rentable » il n’arrêtait pas d’intervenir, comme l’écrit Oliver Todd : « Selon Jean Daniel et Germaine Tillion, Camus intervient dans plus de cent cinquante affaires. Malgré ses différents avec Daniel, il reste en contact avec lui à propos de demandes de grâce(…) ».

 

Dans ces moments tragiques, tous les deux avaient ensemble un engagement lucide qui relevait d’une éthique pour la vie contre la mort. Ils s’opposaient aux idéologies dont le principe est que « la fin justifie tous les moyens ».

 

Marc Bernardot, Professeur de sociologie, Université du Havre, membre du laboratoire CIRTAI, UMR IDEES, co-animateur du réseau TERRA

 

"Anthropologie et internement. une comparaison franco-américaine"

 

La recherche en sciences sociales a tardé à prendre la mesure de l'importance du camp comme forme politique centrale dans les démocraties occidentales. Pourtant plusieurs personnalités marquantes de l'histoire de l'anthropologie et de la sociologie sont intervenues dans les camps comme experts notamment durant la seconde guerre mondiale et durant la décolonisation. La recherche dans le cadre des camps (mais aussi réserves indiennes, villages de regroupement, camps de relocation...) et ses conséquences épistémologiques et politiques sont encore à explorer pour envisager les positions possibles des sciences sociales face au Camp contemporain.

 

Julien Blanc, Agrégé et Docteur en Histoire

 

"Le Réseau du Musée de l’homme"

 

Simone Pâris de Bollardière, Epouse du Général Jacques Pâris de la Bollardière, militante pour la résolution non violente des conflits

 

Christine Bougant, Présidente de l'Association Maison Germaine Tillion

 

D

 

Djemaa Djoghlal, Militante associative

 

"Parcours croisés"

 

Joël Delhom, Maître de Conférences en Etudes ibériques et ibérico-américaines, Université de Bretagne-Sud

 

"Regards de femmes sur le monde social à la fin du XIXe siècle"

 

F

 

Nelly Forget, Ancienne du service des centres sociaux en Algérie, secrétaire générale de l'association Germaine Tillion

 

"Germaine Tillion et les centres sociaux en Algérie"

 

La fondation par Germaine Tillion en octobre 1955 du Service des Centres sociaux en Algérie concrétise une réflexion qu’elle a menée de longue date sur la paysannerie algérienne et que son expérience de la Résistance et de la déportation a éclairée et approfondie. Elle ne se dérobe pas à l’opportunité de passer à l’acte que lui offre le pouvoir politique, malgré l’ambiguïté du contexte de guerre. Elle continuera de soutenir de loin le personnel qui y travaille, tout au long de la brève et dramatique histoire de ce service dont il lui est arrivé de dire que c’était ce qu’elle avait réalisé de plus important dans sa vie.

 

Le contexte, les objectifs, les méthodes et les réalisations du Service des Centres sociaux en Algérie, où s’est déployé une remarquable inventivité et où ont œuvré ensemble les représentants de communautés qui par ailleurs s’affrontaient dans la violence.

 

Jean-Michel Fournereau, Metteur en scène de "Le Verfügbar aux enfers"

 

G

 

Ouiza Gallèze, Docteur en Philosophie, Chercheur au CNRPAH

 

"La force du "non" : La notion d’engagement désintéressé chez les soufis"

 

Le soufisme compte plusieurs écoles rattachées à une doctrine de l’Islam, alors que quelques unes se distinguent par leur autonomie. Cependant, leur vérité est une : il existe d’après les soufis une autre façon de lire/comprendre la religion et le religieux, une façon qui diffère de l’interprétation admise par le droit canon. C’est l’interprétation ésotérique.

Cette déclaration remet en cause les exégèses et commentaires précédents dits exotériques très inspirés des méthodes rationalistes et idéalistes, malgré leur lutte traditionnelle reconnue à l’encontre de la philosophie. Et de fait, même si l’aisance matérielle est contraire à leur conception du monde s’en tenant aux conditions primaires de l’existence, plusieurs soufis ont vécus dans la misère extrême, ou ont été persécutés voire exécutés.

 

Mechtild Gilzmer, Professeur de Littérature et Civilisation française à l'Université Technique de Berlin

 

"Regards croisés ou les résistances respectives"

 

Quand Germaine Tillion se trouve dans le camp de concentration allemand de Ravensbrück elle se lie d'amitié avec la communiste allemande Margarete Buber-Neumann, témoin pour elle d'une autre Allemagne. Ce que Germaine Tillion ignore c'est qu'elle partage son sort avec d'autres femmes allemandes engagées politiquement qui avant d'arriver à Ravensbrück furent internées en France. Ces femmes, des émigrés allemandes, communistes, sociaux-démocrates, juives ou non-juives avaient trouvé refuge en France depuis 1933. Mais en septembre 1939 un certain nombre d'entre elles, politiquement engagé, furent arrêtées et internées à Rieucros, un camp près de Mende en Lozère qui avait été crée en janvier de cette même année. La création de camps d'internement en France destinés à accueillir des soi-disant « indésirables » illustre l'état d'esprit d'une société fortement imprégné d'anticommunisme, d'antisémitisme et de xénophobie qui cherche l'ennemi à gauche.

 

Avec l'occupation de la France en juin 40 et l'article 19 de l'armistice - prévoyant la livraison de réfugiés internés sur demande des Allemands -- les femmes craignent la déportation vers l'Allemagne et certaines d'entre elles vont en effet se retrouver au camp de Ravensbrück. Ceci vaut aussi pour des femmes d'autres nationalités qui s'étaient engagé dans la résistance comme par exemple la communiste italienne Teresa Noce.

 

Ma contribution au colloque « L'engagement à travers la vie de Germaine Tillion » vise à décrire les résistances respectives de ces femmes internées des années 40. Leur vécu témoigne d'un « lieu de mémoire » européen spécifique, d'une résistance trans-européenne, longtemps négligé. Il sera intéressant de comparer non seulement l'itinéraire intellectuel et politique de ces femmes mais aussi les moyens d'expressions artistiques qu'elles utilisent face à leur situation : écriture poétique, peinture, création de pièce de théâtre.

 

Anne Gotman, Sociologue, directrice de recherche au CNRS, Centre de recherche sur les liens sociaux (CERLIS), UMR 8070 Université Paris Descartes-CNRS

 

"L’hospitalité d’un regard anthropologique. Réflexions à partir l’ouvrage de Germaine Tillion, L’Afrique bascule vers l’avenir. L’Algérie en 1957 et autres textes"

 

Dans un environnement où la décolonisation et, à sa suite, l’idéologie nationaliste éradiquent de l’observation et de la pensée scientifiques toute trace d’affect, d’intersubjectivité et d’imaginaire, Germaine Tillion, comme Camus, tient le regard hospitalier d’une anthropologie ouverte à la contingence des situations de contact aux prises avec leurs surdéterminations. Face à une sociologie froide, voire glaciaire, elle maintient une sociologie issue du partage des représentations avec l’autre qui, parallèlement à une littérature du même ordre, revendique plus qu’un regard, une fraternité Laquelle sera niée par une sorte d’adhésion massive des représentations scientifiques à l’idéologie du pouvoir qui prononcera sa rupture. Cette lecture pessimiste mais visionnaire de l’oppression, dégagée de tout conformisme, accueille la possibilité d’une histoire progressive en même temps que l’intelligence accrue des processus de clochardisation annoncés.

 

H

 

Stéphane Hessel, Diplomate, ambassadeur et ancien résistant français

 

K

 

Aïssa Kadri, Professeur de Sociologie, Université Paris 8

 

"L’engagement des instituteurs en Algérie, le SNI sans la guerre d'Algérie, 1945-1965"

 

Marion Kempa, Membre du conseil d'administration de l'Association Maison Germaine Tillion

 

"La valorisation de l’ancienne propriété de Germaine Tillion : mise en perspective d’un projet partenarial complexe"

 

En 1971, son envie de chercher un lieu paisible loin de l’agitation parisienne mène Germaine Tillion a faire construire une maison en Bretagne, sur le pourtour de la Petite mer de Gâvres, dans la commune de Plouhinec. En 2004, conformément à son souhait cette maison, signe d’hospitalité collective et d’échange a été acheté par le Conservatoire du littoral. En 2008, le Conservatoire, propriétaire du site, la commune de Plouhinec, gestionnaire du site et l’Association Germaine Tillion ont mis en place un groupe de travail au sein duquel plusieurs réflexions et travaux ont été réalisés afin de concevoir un projet qui respecte le lieu et son environnement et soit en adéquation avec la vie et l’œuvre de Germaine Tillion. Encore en cours d’élaboration, le projet retenu propose de faire de la maison de Lann Dreff un espace de travail, de recherche et de création à partir de l’œuvre, de la vie, des valeurs et des engagements de Germaine Tillion, et plus largement, sur la triple thématique : Homme / Art / Nature.

 

L

 

Ariane Laroux, Peintre et écrivain

 

"Autour du livre Déjeuners  chez Germaine Tillion, Editions l'Age d'Homme"

 

Moussa Lebkiri, comédien & conteur

 

"Spectacle KifKif piment comme il respire" (Cale du Paquebot)

 

Dossier de presse (1,25 Mo)

 

M

 

Armelle Mabon, Maître de Conférences à l'Université de Bretagne-Sud

 

"Germaine Tillion et les prisonniers indigènes"


Si Germaine Tillion est connue et reconnue comme une des premières résistantes, le tout début de son engagement par contre l'est beaucoup moins. Il est lié à cette notion de Touiza qui veut dire entraide qu'elle a organisée envers les prisonniers de guerre coloniaux et nord-africains. Ce « marrainage » que beaucoup de Français ont mis en œuvre aura été pour Germaine Tillion, le début de sa résistance.

 

Madjid Merdaci, Maitre de Conférences à l'Université Mentouri de Constantine

 

 "Des Benbadis à Tillion : L'émancipation par l'instruction"

 

Qui rend compte de l'objet de la contribution d'établir le lien entre les démarches de deux courants intellectuels dans l'Algérie des années trente :- le réformisme musulman et l'assimilationnisme- et l'engagement de Germaine Tillion en faveur de l'éducation des jeunes algériens.

 

Pierre Michel, Président de la Société Octave Mirbeau

 

"L'engagement éthique d'Octave Mirbeau"

 

Incarnation de l'intellectuel dreyfusard, Mirbeau a été toute sa vie un rebelle, un "en dehors" et un libertaire "irrécupérable". Engagé avec passion dans tous les grands combats éthiques, esthétiques, littéraires, politiques et sociaux de la Belle Époque, il n'a pour autant jamais cherché le pouvoir ni la reconnaissance institutionnelle. Farouchement individualiste, allergique aux doctrines et aux écoles comme au militantisme et à la forme partidaire, il s'en est tenu, en toute indépendance, à la défense des valeurs des dreyfusards, la Vérité et la Justice. Sa priorité a toujours été d'ordre éthique et, chaque fois que ses exigences de justice ont été blessées, il s'est indigné et révolté et s'est battu, avec la seule arme des mots, contre toutes les formes de maux.

 

Olivier Mongin, Rédacteur en chef de la Revue Esprit

 

"Face à toutes les expériences concentrationnaires"

 

N

 

Olga Novo, Femme poète et enseignante d'espagnol à l'Université Bretagne-Sud

 

"Passionnées pour la Liberté. Le féminisme libertaire des Mujeres Libres pendant la République Espagnole"

 

La brève période de la II République espagnole (1931-1936) marque le début et la fin du rêve progressiste d'un peuple qui allait connaître les désastres d'une Guerre Civile, et la lutte contre le fascisme. Au cœur de ces avancées sociales, le puissant mouvement syndical anarchiste mène un programme de révolution social qui s'effacera avec la victoire franquiste.

 

Au sein de cette vague libertaire surgît le mouvement “Mujeres Libres” -Femmes Libres- qui réclame la spécificité de la condition féminine et met en évidence les difficultés des femmes anarchistes face à la politique patriarcale de leurs propres camarades. Ainsi, une minorité active des femmes ouvrières et intellectuelles, marquée par une irréductible passion pour la liberté, crée une revue, “Mujeres Libres”, organe d'expression d'un courant de lutte contre un double esclavagisme: celui de l'Etat capitaliste et celui du sexisme patriarcal. L'anarcho-féminisme de cet organisation autonome des Femmes Libres vise à l'émancipation des femmes travailleuses à travers l'éducation et la prise de conscience révolutionnaire. La considération de la dimension politique de la vie privée et les questions de genre et sexualité dévoilent et dénoncent les dynamiques de pouvoir ancrées dans nos sociétés, idées qui anticipent le féminisme des années soixante et soixante-dix.

 

O

 

Jean-Philippe Ould Aoudia, Médecin, président de l'association les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs compagnons

 

"Les Centres sociaux éducatifs et la guerre d’Algérie"

 

Le 15 octobre 1956, un an après la création des Centres sociaux, l’armée procède à la première arrestation d’un membre du service. En 1957, pendant « La bataille d’Alger », 13 % du personnel est frappé par la répression : arrestations et détentions arbitraires, tortures, disparitions. En 1959, une redoutable machination des services spéciaux vise à répandre l’information selon laquelle les Centres sont une officine du terrorisme FLN. En 1960, au cours du « Procès des barricades », les Centres sociaux éducatifs sont l’objet d’attaques diffamatoires de la part de chefs militaires, en particulier le général Massu qui s’en prend à l’Université. Le 15 mars 1962, six des principaux dirigeants du service sont assassinés par un escadron de la mort de l’OAS. Le tribut payé à la guerre d’Algérie par ce service de l’Education nationale fut si lourd qu’il n’y survivra pas. La sépulture de celui qui a dirigé le commando contre le siège des Centres sociaux fait l’objet d’un hommage annuel et public à Versailles.

 

R

 

Marie Rameau, photographe

 

"Des Femmes en Résistance"


Mars 1943, Simone Le Port devient agent de liaison dans le groupe de résistance dirigé par son mari, Julien. Elle héberge, dans sa ferme isolée de la campagne morbihannaise, des hommes réfractaires au STO, des armes et des munitions parachutées d’Angleterre. Avril 1944, elle est dénoncée, les Allemands brûlent la ferme. Simone est arrêtée et torturée. Elle garde le silence et est déportée à Ravensbrück. Elle rentrera chez elle en mai 1945. Septembre 1983, elle raconte son histoire à une jeune femme : Marie Rameau. Profondément marquée par son récit, vingt ans plus tard alors que Marie est devenue photographe, elle fait son portrait. Simone vit toujours mais sa mémoire s’efface, doucement.
De ce temps passé en compagnie de Simone Le Port, des lectures qu’elle lui a conseillées, les ouvrages de Germaine Tillion et de Charlotte Delbo, de son désir de dire, de lui dire, est née, pour Marie Rameau, l’envie de raconter son histoire. Et puisque, si souvent, Simone lui parlait de ces autres femmes qui avaient refusé le France collaborationniste de Vichy, elle a doucement tiré sur le fil qui les réunissait et, petit à petit, est allée à la rencontre de chacune d’elles. Chaque fois, elle a fait leur portrait, un portrait en noir et blanc, le plus simple possible, écoutant le récit de leur histoire, lorsqu’elles voulaient bien le livrer.

 

S

 

Jacqueline Sainclivier, Professeur d'Histoire contemporaine, Université Rennes 2

 

"L’engagement des femmes dans la résistance"

 

Gwendal Simon, Chargé d'Etude à L'Université de Bretagne Occidentale, Atelier de Recherche Sociologique (ARS)

 

"L'engagement militant, entre destin collectif et existences ordinaires. Autour de Mourir à 30 ans, de Romain Goupil"

 

Ouanassa Siari Tengour, Chercheur au CRASC (Algérie), Chargée de cours à l’institut Maghreb Europe, Université Paris8

 

"L’Aurès d’une mission à l’autre 1934-1954 : Etat des lieux"

 

Germaine Tillion a eu l’occasion de se rendre dans l’Aurès, une première fois en décembre 1934, dans le cadre d’une mission ethnographique. Son séjour se prolonge jusqu’au 30 mai 1940. Pendant plus de quatre ans, elle mène ses premières enquêtes dans la vallée de Menaâ. La lecture de ses travaux fournit de nombreux éléments intéressants la condition paysanne de cette région de l’Aurès. Mais Germaine Tillion ne s’y attarde pas plus, toute préoccupée par la constitution et le déchiffrement des relations généalogiques.

 

Vingt ans plus tard, elle revient pour quelques semaines et elle est bouleversée par l’aggravation de la situation générale des populations de l’Aurès. Il est vrai que son regard ne pouvait qu’être différent après la dure expérience qu’elle a vécue dans le camp de Ravensbrück.

 

Je souhaiterais revenir sur ces fragments saisis sur le vif qui renvoient à des processus historiques où s’enchevêtrent mutations socioéconomiques et réalités politiques dans cette région « du bout du monde ».

 

Trois axes seront abordés

- Réalités rurales 1934-1940

- L’Aurès en l’absence de Germaine Tillion

- 1954 : L’Aurès autrement

 

T

 

Christelle Taraud, Professeur dans les programmes parisiens de NYU et de Columbia University et chercheuse au Centre d’Histoire du XIXe siècle (Paris I/Paris IV)

 

"Djamila Boupacha et Djamila Bouhired: deux icônes de l’engagement pendant la guerre d’Algérie"

 

L’Aurès a été le lieu privilégié du travail ethnographique de Germaine Tillion. Mais L’Aurès – qui a été le théâtre du début de la l’insurrection armée du FLN en 1954 - nous ramène aussi à la guerre d’Algérie et la guerre d’Algérie aux femmes algériennes. On pense immédiatement aux photographies de Marc Garanger prises pendant la « pacification » de l’Aurès par l’armée française et qui montrent des femmes au regard « flinguant à bout portant » . On pense aussi, inévitablement, à toutes les femmes algériennes, civiles ou combattantes, dont parle Djamila Amrane dans son livre Les femmes algériennes et la guerre, qui ont permis la victoire de l’armée de libération nationale . Les poseuses de bombes de La bataille d’Alger de Gillo Pontecorvo, mais aussi toutes les femmes anonymes, chevilles ouvrières de la grande machine FLN. On pense enfin à toutes les femmes victimes de la guerre. Femmes arrêtées, battues, torturées, violées et parfois aussi assassinées. E 1961 déjà, Gisèle Halimi et Simone de Beauvoir s’étaient faite l’écho du calvaire de Djamila Boupacha . La présente communication aura donc pour but de rappeler – au travers des figures paradigmatiques de Djamila Bouhired et de Djamila Boupacha – à quel point l’engagement politique des femmes dans la guerre d’Algérie fut central. Mais cette communication vise aussi à faire le point sur le parcours militant de ces deux femmes, sur les raisons de leur entrée au FLN, sur les conditions de leur arrestation, sur le caractère extrêmement médiatique de leur procès et finalement sur leur construction en tant qu’icônes de la nation algérienne indépendante après les accords d’Evian en 1962.

 

V

 

Jérôme Valluy, Université Panthéon-Sorbonne / Paris 1, science politique ; Centre Européen de Sociologie et de Science Politique - Centre de Recherches Politiques de la Sorbonne ; réseau scientifique TERRA

 

"L’agenda scientifique, sa mise en débat et son autonomie"

 

Parler des classes sociales ou des inégalités de genre dans des sociétés égalitaristes ; analyser le caractère technocratique ou la transition autoritaire de régimes démocratiques ; étudier les formes officielles de xénophobies ou de persécutions dans des cultures humanistes... voilà autant de sujets qui ne cesseront jamais de créer des réactions offusquées et sembleront toujours procéder d’un geste « militant » fort peu « scientifique » à des yeux scientistes et neutralistes, experts au service des pouvoirs, technocrates ministérielles et administratifs de la recherche... Or plus ces acteurs renforcent leur emprise politique sur le champ scientifique plus la question de l’agenda scientifique (de la manière dont les acteurs hiérarchisent, par ordre d’importance ou de priorité, les sujets à traiter) devient cruciale pour les sciences humaines… si l’on admet que les faits sociaux gênants qui contredisent les espoirs culturels ou les idéologies dominantes, méritent d’être traités autant sinon plus que les autres. Mais comment parler de la hiérarchie axiologique des sujets dans une culture empreinte d’une « théorie démocratique des savoirs » (C.Wright Mills) selon laquelle tous les sujets seraient également intéressants ? Il faut d’abord déconstruire la culture égalitariste des sujets, composante du neutralisme scientiste pour s’inscrire dans une perspective axiologique qui autorise les débats entre chercheurs sur l’agenda scientifique et permette, par la réflexion collective, d’en conserver la maîtrise surtout lorsque leur autonomie est menacée.

 

W

 

Nancy Wood, biographe de Germaine Tillion

 

"Autour du film L’Aurès" par Thérèse Rivière"

 

On sait que Germaine Tillion est partie en Algérie en décembre 1934 pour une mission ethnographique en compagnie de Thérèse Rivière, elle aussi jeune ethnographe du MET, le Musée ethnographique du Trocadéro (et futur Musée de L’Homme), elle aussi étudiante de Marcel Mauss. Thérèse, qui est restée dans l’Aurès pendant deux ans, y a pratiqué l’ethnographie en collaboration avec Germaine mais elle y a aussi mené une recherche indépendante. A son retour en France, elle a déposé des objets chaouïas, des photos, rapports, dessins, etc. au Musée de l’Homme (sa collection est maintenant rassemblée au Quai Branly).

 

Durant sa mission, Thérèse a tourné un film, longtemps considéré comme perdu (ou jamais fini). C’est en 2008, aux Archives françaises du film, que j’ai découvert ce film, intitulé L’Aurès. Comme les photos prises par Germaine à la même période (et publiées dans le livre L’Algérie aurésienne, 2001), ce film reste un témoignage précieux de la mission riche et complexe des deux femmes et de leurs relations professionnelles et affectives avec le peuple chaouïa parmi lequel elles ont vécu.

Le film n’avait été montré qu’une seule fois, en août 1946. Il sera présenté, pour la première fois depuis sa découverte, au colloque “L’engagement à travers la vie de Germaine Tillion”.

 

Z

 

Ali Benali Zineb Ecrivain, Professeur de littérature à l'Université Paris 8

 

"Germaine Tillion : Entre la lumière blanche et l'obscur rayon"

 

C'est ainsi que Germaine Tillion nomme les deux pôles de sa quête et de sa réflexion. C'est ce qu'elle appelle aussi raison et( passion. Double exigence. Entre les deux elle fera bouger les frontières et les séparations habituelles. C'est la forme de son engagement.

Car aussi bien dans la façon de regarder le monde dans lequel elle va vivre et qu'elle va étudier, que dans son refus de l'inacceptable (la défaite et le nazisme, la guerre et ses injustices, la pauvreté et la situation des femmes) elle a un engagement total et multiforme.

C'est dans cette perspective que je voudrais voir, à travers quelques moments de son engagement, humain et scientifique comment elle va déplacer les séparations.